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L’ARECABE (Association pour la REouverture du Canal
de Berry) milite depuis maintenant une douzaine d’années pour que le canal de
Berry soit rouvert à la
navigation. Et la tâche est ardue !
Ce canal a été déclassé à la navigation en 1955, considérant
que son activité commerciale ne justifiait plus son maintien dans le giron de
l’Etat. Et, condamnation plus grave, il a été aliéné, c’est dire
« confié » aux bons soins des communes riveraines, qui lui ont
réservé des sorts très divers. Bien empêtrées de ce cadeau empoisonné, elles
l’ont confié à leur tour à des associations de pêche, ou plus simplement
délaissé, voire busé, comblé, ou revendu par tronçons à des particuliers.
C’est donc toute une reconquête que revendique notre
association.
Si nous pouvons considérer que l’erreur historique de son
démantèlement s’explique par la chute de son activité commerciale, et le manque
de perspective alternative à l’époque, son potentiel touristique actuel nous
donne des arguments de poids.
Long de ses 260 kilomètres, il accompagne la vallée du Cher
de Montluçon à Tours en terminant dans le Cher aménagé à la navigation (autre
secteur lourdement menacé). Il bénéficie d’une branche en liaison avec le canal
latéral à la Loire. Ce
qui lui fait parcourir deux Régions (un peu d’Auvergne, et beaucoup de Centre)
à travers trois départements : Allier, Cher et Loir-et-Cher. C’est donc
tout un parcours structurant pour un territoire en mal d’image touristique.
De plus, son gabarit en fait un canal d’un attrait très
particulier. Baptisé le « petit canal », il a été conçu sur le format
des canaux anglais, avec des écluses étroites (2,75m de large). Ces dimensions
réduites ont contribué à sa baisse économique ; mais elles peuvent être un
argument séduisant sur le plan touristique, et nos amis anglais, familiers des
narrow boats, ne s’y sont pas trompés, en nous encourageant vivement à lui
redonner vie.
Alors, nous intervenons inlassablement auprès des pouvoirs
publics pour que son potentiel touristique soit pris en compte dans les démarches
de développement des territoires riverains. Nous avons pour cela besoin de
convaincre de son opportunité économique. Dans la reconquête de son linéaire,
nous voulons associer tous les partenaires susceptibles d’y faire vivre leurs
activités dans un cadre attrayant. Pêcheurs, marcheurs, cyclistes et autres
usagers potentiels pour accompagner une remise en navigation ont œuvré à
l’élaboration d’une Charte où chacun peut trouver sa place en respectant les
meilleures règles du « savoir vivre ensemble ». Cette Charte, reprise
par un regroupement d’associations de défense et valorisation des voies
navigables (l’Entente des Canaux du Centre-France) a été contresignée par
François Bordry, président de VNF.
Mais il nous faut convaincre du potentiel de la navigation.
Alors nous multiplions les manifestations où il est possible de mette un bateau
à l’eau. L’association est propriétaire d’un bateau équipé plaisance et
transportable pour accéder aux divers espaces de navigation. Ce bateau a été
subventionné par la Région Centre,
et est équipé d’une motorisation électrique, sponsorisée par EDF. Autre aspect
de développement original que nous soutenons pour notre canal.
Chaque année, nous organisons une manifestation emblématique
« De Biefs En Ecluses » à Vierzon, où le canal a bénéficié d’un début
de réhabilitation. C’est l’occasion de montrer par l’exemple l’intérêt de la
navigation de plaisance en accueillant un maximum de bateaux (transportables
bien sûr). Si nos amis naviguant sur les canaux bretons, et propriétaires d’un
bateau transportable, veulent participer à notre prochaine manifestation le
week-end des 7 et 8 juin 2008, ils seront les bienvenus. Cette manifestation
est aussi l’occasion d’organiser un colloque pour relancer la réflexion auprès
des pouvoirs publics, et les thèmes ont permis aux élus d’exprimer leur point
de vue sur l’avenir du canal. C’est pour nous un moment médiatique fort.
Mais actuellement les démarches des SAGE nous font redouter
une application restrictive de la loi sur l’eau, qui aggraverait les problèmes
de son alimentation en eau. Il faut dire que les plans d’eau qui, à l’origine,
étaient chargés de l’alimenter, ont été détournés de leur fonction initiale en
devenant bases nautiques dont on ne peut pas baisser le niveau en période estivale !
Un avenir donc plein d’incertitude, et qui nécessite l’appui
de tous les acteurs pouvant renforcer son attrait touristique. Et même si nous
agissons sur des niveaux différents, nous sommes convaincus que les canaux
bretons et le canal de Berry sont lancés dans le même combat.
Jean-Claude CAILLOUX, Président de l’ARECABE
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